Si peu ?! Pourquoi il n’y a pas assez de femmes dans la tech

Le film Code : Debugging the gender gap est un documentaire ambitieux. Il pose une question essentielle : Pourquoi y a t’il si peu de femmes dans la tech ? Et quelles solutions pour promouvoir, former et recruter plus de femmes programmeuses ?

La semaine dernière, j’ai assisté à une projection/débat du documentaire chez Microsoft. Voici un petit compte rendu, avec pleins de liens et de références pour aller plus loin.

 

 

1. Tout commence avec un constat glaçant : les femmes sont aujourd’hui ultra-minoritaires dans la tech

Tout commence avec un constat qui fait froid dans le dos : les femmes ne représentent que 12% des développeurs, en 2013 dans la Silicon Valley.

Douze. Pour. Cent.

Bien sur, on savait qu’on était loin de la parité entre hommes/femmes développeurs… Mais quand cette disparité est quantifiée en 2013, il devient impossible de ne pas la voir en face.

C’est Tracy Chou, développeuse chez Pinterest, qui a pris l’initiative de recenser le nombre de femmes programmeuses dans les grandes entreprises de la tech californienne. Pour en savoir plus, c’est par ici : http://www.wired.com/2015/04/tracy-chou/

 

2. Il faut plus de diversité dans la tech

Le constat est sans équivoque : il y a un vrai besoin de diversité dans la tech. Il faut parler de diversité, car il s’agit d’inclure les femmes, mais aussi les personnes de couleur, les personnes non diplômées, etc.

 

Mais la diversité n’a pas les mêmes enjeux selon qu’elle soit portée par l’industrie tech ou par la société civile

On se rend compte rapidement que le besoin de diversité, au coeur du documentaire, est porté par deux acteurs aux ambitions différentes :

  • Les entreprises, qui ont désespérément besoin de trouver de nouveaux filons de recrutement pour pallier au manque de profils tech
  • Les représentants de la société civile et des communautés laissées de côté par la tech (femmes, personnes de couleur, etc.), qui militent pour une inclusion de profils plus ouverts et pour la prise en compte des intérêts de la diversité

 

 

Du point de vue de l’industrie, c’est la pression du recrutement qui les pousse à s’intéresser aux femmes en tant que développeuses, et plus globalement à des profils laissés de côté jusqu’ici. On est bien face à une problématique business, et non à une attitude militante.

 

Or d’un point de vue militant, représenter la diversité c’est faire valoir les intérêts particuliers – des femmes et des personnes de couleur

 

Le point de vue des représentants des communautés m’a davantage intriguée, parce qu’il mélangeait à la fois une mission militante ET profondément consumériste.

Savoir coder, c’est devenir un créateur, au lieu d’être un simple consommateur.

Mais savoir coder, c’est aussi être en mesure de pousser l’innovation au cœur des entreprises sur des besoins particuliers, qui ne sont pas forcément représentés la norme (la norme étant, dans les grandes lignes, les hommes blancs hétérosexuels).

Ce que disait la représentante d’une de ces associations m’a marqué. Dans les grandes lignes, elle disait : « It’s not just about promoting diversity for itself ; these communities are a market and an electorate. »

 

« Diversity is important if the solution is going to affect a majority of people »

Le documentaire montre ce qui s’est passé lors du développement des premiers airbags. Au lieu de protéger leurs occupants, les airbags ont fini par blesser plus de femmes et enfants qu’ils ne les ont protégés.

A posteriori, les ingénieurs se sont rendus compte que les mannequins de crash test étaient tous basés sur la morphologie des hommes. Aucun test n’avait été prévu avec des mannequins de type féminin !

Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait pas de femmes ingénieures dans l’équipe !

 

Pour aller plus loin sur ces organisations :

Et si tu veux en savoir plus sur ces associations qui rendent la programmation accessible aux minorités, le docu mentionnait Code for Progress (pour les femmes et les personnes de couleurs), et Black Girls Code. Et si vous voulez en savoir plus, il existe des articles intérressants sur ces organisations.

Et pour la France, il existe Simplon.co, une école du numérique qui forme à la programmation des profils de la diversité. Allez voir ce qu’ils font, c’est bien !

 

Quelles solutions ? Une éducation au code pour tous, mais surtout une farouche volonté de se battre contre les discriminations envers les femmes

 

Eduquer au code dès le plus jeune âge 

Les intervenants dans le documentaire insistent sur la nécessité d’exposer les enfants à la programmation, dès le plus jeune âge. Il ne s’agit pas forcément de leur faire coder des sites web ou des applis, mais plutôt de les sensibiliser à la pensée mathématique.

Alors, à quand les cours obligatoires de sciences informatiques à l’école ? En Isreal, en Estonie, au UK, etc. c’est déjà le cas.

Si vous cherchez des ressources pour apprendre à coder aux enfants, en voici quelques unes. Kodable fournit des programmes (en anglais) pour les parents et les enseignants. Et en France, Simplon organise aussi des ateliers pour les kids.

 

 

Mettre en place des moyens d’atteindre la parité

On pourrait penser que la parité prend du temps, non ? Que c’est finalement normal que ces disparités existent encore, mais que le nombre des développeuses va forcément augmenter…

Faux. On comprend clairement que ces disparités ne sont pas déterminées.

Le moment qui m’a crevé le cœur, dans le reportage, c’est quand j’ai appris que les programmeuses n’ont pas toujours été ultra-minoritaires. Les femmes ont investi la programmation à partir des années 40/50. Dans les années 80, on comptait 40% de codeuses !

Alors, que s’est-il passé ? La mythologie du geek à lunette serait née, avec son comportement stéréotypé masculin (boire des bières, faire des blagues sexistes, etc.)

 

Lutter contre les discriminations de genre

La discrimination de genre est un sujet éminemment complexe et douloureux. Il est traité de façon extrêmement subtil dans le documentaire. Que ce soit cette petite fille qui a voulu apprendre à coder et qui s’est recroquevillée en découvrant une classe remplie de garçons plus agés et plus avancés, ou que ce soit cette ingénieure chez Github qui a été poussée à la démission par le comportement hostile et sexiste de ses collègues masculins

 

Voici quelques unes des solutions abordées :

  • Lutter contre les préjugés : Pour encourager les femmes à aborder des carrières techniques et scientifiques, il faut lutter contre les préjugés de genre. Oui, les femmes sont parfaitement capables de coder. Non, les hommes n’ont pas de manière inné un cerveau plus doué pour faire des maths.
  • Assurer un climat de travail favorable aux femmes, que ce soit à l’école ou dans les entreprises. C’est le choix de Black Girls Code, qui fait le choix d’apprendre le code lors d’évènements réservés aux filles, ce qui permet aux filles de gagner en confiance et de renforcer le sens de l’entraide au féminin.
  • Montrer davantage de role models issus de la diversité !
  • Et aider aux femmes développeuses à percer le plafond de verre, pour atteindre les postes à hautes responsabilités. D’ailleurs la COO de Facebook, Shery Sandberg, s’est penchée sur cette question dans son livre Lean In (traduit en français, En Avant Toutes).

 

 

Et toi, tu en penses quoi, de la discrimination des femmes et du manque de diversité dans la tech ?

N’hésite pas à laisser un petit mot dans les commentaires !

 

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